Usagi Drop

Une histoire d’amour filiale avec un grand A. C’est l’histoire que nous tissons avec les autres qui nous rend responsable.

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Usagi Drop est un film dramatique de 2011 d’origine japonaise tiré du manga du même nom d’Unita Yumi. Le film a été par Sabu et a été présenté auu 14ème Festival International du Film de Shanghai où il a été chaleureusement accueilli.

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Usagi Drop est un manga connu chez nous sous le titre de Drôle de Père. C’est une comédie dramatique sur fond de chronique sociale en huit tomes disponibles en France. Mais, pour l’heure, penchons-nous sur son adaptation cinématographique. Commençons donc par le commencement à savoir, l’histoire.

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Synopsis :

Daikichi est un jeune homme trentenaire célibataire qui a la confiance de ses pairs au travail. Lors de l’enterrement de son grand-père, les personnes présentes apprennent que celui-ci a une fille illégitime d’une mère inconnue. Le nom de la petite fille est Rin et elle a tout juste six ans. Tout le monde dans la famille de Daikichi voit la petite fille comme une source d’embarras et la rejette. Daikichi, agacé par l’attitude de sa famille, décide d’élever Rin. Il n’a aucune expérience pour élever un enfant et il apprend très vite les difficultés que cela représente.

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Je suis en retard, en retard !

Au casting on retrouve pas mal de noms bien connus, notamment Matsuyama Kenichi (alias L dans les films de Death Note) dans le rôle de Daikichi et Ashida Mana (révélée par le drama Mother) qui joue Rin. On retrouve aussi Nakamura Baijaku, Ikewaki Chizuru et Fubuki Jun. Adapté du manga de l’auteur Unita Yumi, Usagi Dropoffre un conte émouvant par le réalisateur Sabu. Ceux qui sont familiers avec les travaux du réalisateur sauront reconnaître son approche de la comédie douce-amère et de l’humour noir. Similaire au réalisateur Kore-eda du film Nobody Knows, Usagi Drop traite aussi du tissu familial et de l’abandon, mais pas de manière aussi sombre et désespérée que le travail de Kore-eda. Au lieu de cela, Usagi Drop joue avec les codes, tout en établissant un regard sur ce que signifie vraiment être un parent dans une société qui met l’accent en particulier sur le lieu de travail et sur la famille. En s’appuyant sur ​​le commentaire social offert sur ​​les aspects de la parentalité explorés dans le manga, le film apporte une observation de ce qui constitue véritablement un parent aimant et attentif avec les conséquences sociales qui l’accompagnent.

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Ce commentaire est exprimé à travers différentes scènes dans le film, mettant en vedette les cruelles pressions sociales qui transpirent tant sur le plan familial que de la société. Que cela découle de membres de la famille de Daikichi qui ne veulent pas prendre la responsabilité de Rin, allant même jusqu’à suggérer qu’elle soit placée dans un orphelinat, à Daikichi mis à l’écart par les autres membres comme l’étape pour devenir le tuteur de Rin, le film explore les nombreux problèmes qui surviennent lors d’un tel changement de vie. Le film met l’accent sur les conséquences émotionnelles et physiques qu’entraînent le fait d’élever un enfant au milieu d’une société de travail lourde, avec des classes sociales qui expriment la nature complexe entre la famille et le travail.

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Ce sont ces scènes de vie dans le film qui jouent un rôle particulièrement important dans la transformation de Daikichi, travailleur individuel intensif, à celle d’un homme prêt à concentrer toute son attention pour prendre soin de Rin. Le film le reflète de manière adéquate et renvoie en permanence à la notion de sacrifice des aspects de sa propre vie afin de s’occuper de l’autre. Matsuyama Kenichi fait un travail fabuleux dans la transmission de ce changement subtil, montrant sa persévérance émotionnelle d’une manière très efficace. Son aptitude à être capable de gérer une variété de rôles divers est encore plus présente au sein d’Usagi Drop, où son rôle en tant que figure paternelle pour Rin est tout à fait convaincant. Mais la vraie star du spectacle est très certainement la jeune Ashida Mana. Ici, elle illumine le film dans son rôle de Rin. Sa quête pour comprendre son rôle comme un enfant sans vrais parents est sincère et touchante. Matsuyama et Ashida trouvent une alchimie et un équilibre dans leur complicité à l’écran.

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Le script faiblit à l’approche de sa conclusion. Le film fonctionne mieux lorsque l’on se concentre sur la normalité quotidienne qui a lieu dans la vie des personnages, et perd de sa force quand il décide de mettre en œuvre certaines circonstances étranges qui sont apparemment mises en place simplement pour faire avancer l’intrigue d’une manière assez énergique. C’est là que le film porte atteinte à son principe, étant consacré à la nature difficile d’être un parent qui travaille. Ces événements, bien que significatifs à bien des égards, n’apportent pas vraiment quelque chose au film, à part une mise en œuvre pour obtenir une sorte de réaction artificielle et émotionnelle du spectateur. Le récit du film aurait coulé beaucoup mieux si ces segments avaient été supprimés, car ils semblent juste totalement hors de propos et plutôt clichés. Le récit est particulièrement atypique à bien des égards, mais il semblerait que Sabu et le scénariste Hayashi Tamio aient tenté de comprendre comment mettre en œuvre un certain sens de l’urgence dans le film.

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Un dernier tour.

Usagi Drop offre une étude de caractères centrée sur un aspect important dans la parentalité, et plus précisément, celui d’être un groupe de travail, la famille monoparentale. Matsuyama Kenichi et Ashida Mana offrent un film aussi agréable à regarder tel qu’il est, présentant une relation tendre et humoristique crédible compte tenu de la performance de ces comédiens. Avec les petits moments de Daikichi apprenant ce que c’est que d’être un père, le film est appréciable, sans être mélodramatique, tout comme sa gestion de la croissance de Rin d’une enfant naïve à une personne émotionnellement vive. Ce sont ces petits moments qui aboutissent à faire d’Usagi Drop un film agréable pour tout âge, et établissent une image authentique des épreuves et tribulations de la monoparentalité.

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Bonaventura