[Live Report] Dir en Grey en concert à Paris le 13 juin 2013

L’année 2013 est une année riche en concerts japonais ! Le concert du 13 juin dernier en est la preuve puisque la scène de La Cigale n’accueillait pas moins que le très célèbre groupe de visual kei, Dir En Grey. Présents depuis 1997, le groupe nous a démontré que leurs 16 ans de carrière ne se sont pas construits sur rien. Retour sur un concert qui a (re)conquis les fans !

 

Il est 19 heures quand notre équipe arrive devant l’entrée de La Cigale et une foule de fans impatients attend l’ouverture des portes avec une excitation non dissimulée. Pas d’inquiétude à avoir quant aux fans : ils seront sans aucun doute présents et semblent déjà conquis avant même l’ouverture des portes.

Les portes ouvrent enfin et les fans, pressés de voir leur groupe favori sur scène, se précipitent dans l’orchestre et sur le balcon pour avoir les meilleures places. Ils savent sans doute qu’un concert de Dir En Grey passe aussi par les expressions de Kyo, le chanteur, et ne veulent pas en rater une miette. Le groupe se fait attendre et les fans, qui s’impatientent, entonnent « Dir En Grey ! Dir En Grey ! ». Et c’est après plus d’une heure d’attente que les lumières s’éteignent et que le groupe monte enfin sur scène, applaudi par le public français (au rendez-vous puisque Dir En Grey joue ce soir à guichets fermés).

 

Le concert parisien du Tabula Rasa Tour de Dir En Grey commence fort ! Sans même prendre la peine de saluer le public, le groupe entame sa première chanson. Les fans du genre apprécieront l’investissement dans son personnage de Kyo… Mais je dois avouer que la novice que je suis a surtout été surprise ! Le chanteur prend en effet un malin plaisir à adopter des expressions faciales qui sont, au premier abord, un peu « effrayantes » mais qui vont parfaitement avec l’univers musical de la chanson d’ouverture, « The Blossoming Beelzebub » !

Le groupe enchaîne les chansons et démontre une qualité technique impressionnante. L’équilibre entre chansons au son metal très prononcé et chansons plus douces qui rappelleront à certains le style de L’arc~en~ciel ou X~Japan est assez réussi, même si mon moi intérieur, impressionné par la puissance vocale de Kyo, aurait préféré un accent mis plus sur la voix que sur les cris. Mais cela ne semble en rien déranger les fans, plus habitués que moi à l’univers musical du groupe, et ces derniers semblent en redemander.

 

Des chansons comme « Lotus », « Rinkaku », « Diabolos » ou « Tsumi to Batsu » s’enchaînent et le public est ravi. Il n’hésite d’ailleurs pas à reprendre en cœur les chansons plus visual kei que metal du groupe… Il est plus facile de chanter que de crier après tout ! Le groupe joue avec grand talent et le chanteur Kyo ne quitte pas un seul instant son personnage. Il semble apprécier tout particulièrement la présence du ventilateur sous la grille qui sert d’estrade (le petit chanceux, il fait une chaleur bouillonnante dans la salle !).

Le groupe nous offre également des versions revisitées de certaines chansons telles « Kasumi » ou « Karma » pour le plus grand plaisir des fans français, complètement conquis. Le groupe ne les salue pas ? Personne ne décroche un sourire ? Qu’importe ! Dir En Grey fait son boulot, joue bien et cela suffit à ravir les fans ! Habituée cependant à des concerts où les chanteurs (même japonais) jouent plus sur l’interaction avec le public, je suis cependant un peu frustrée par ce parti pris de rester complètement dans le personnage sombre, atypique et terrifiant de Kyo sans même accorder ne serait-ce qu’un « Merci » aux fans qui, à chacune de leurs venues, les accueillent très chaleureusement. C’est du visual kei, certes. C’est du metal, certes. Mais, le sourire sur le visage des fans et la chaleur avec laquelle ceux-ci ont accueilli le groupe méritaient au moins un petit « Bonjour » et un autre « Merci ».

 

Après près d’une heure et quart de concert qui se termine sur « -Saku- », le groupe quitte la scène. Le concert serait-il terminé ? Que nenni ! Le public en redemande et appelle, à l’unisson, le groupe pour que les membres reviennent sur scène et leur offre quelques chansons supplémentaires. Après quelques (longues) minutes d’attente, le groupe revient et entame « The Final ». Kyo semble quitter pendant quelques secondes son personnage et on croirait presque apercevoir un sourire décroché pour ses fans. Cependant, ce n’est qu’éphémère et le Kyo terrifiant et ténébreux est rapidement de retour pour terminer ce concert en beauté ! Le reste du groupe prend plaisir à jouer et on sent qu’ils sont ravis d’avoir pu réunir autant de fans aussi enthousiasmes et réceptifs à leur musique.

Vient alors « Rasetsukoku ». Kyo, à la fin de la chanson, crie « Last song ! Last song ! ». On approche en effet de la fin du concert puisque le groupe entame les premières notes de « Hageshisa to, kono mune no naka de karamituita shakunetsu no yami ». Le public accueille avec beaucoup de plaisir cette dernière chanson qui leur plaît et est, selon moi, le clou de ce concert. Très vite après la fin de la chanson, le chanteur disparaît et ce sont les autres membres (Kaoru et Die les guitaristes, Toshiya dont le manche de la basse est plus long qu’une basse normale et Shinya le batteur) qui saluent et remercient par des sourires et des gestes longuement le public.

 

C’est un concert de plus d’une heure et demi auquel nous venons d’assister, et il n’y a pas à dire, Dir En Grey mérite bien la place particulière qu’il occupe parmi les groupes de visual kei. On peut ne pas apprécier leur musique, on reconnaîtra pourtant leur talent musical incontestable. On regrettera cependant la place trop grande accordée aux cris qui ne font pas honneur à la voix pourtant impressionnante de Kyo. On regrettera également le manque de chaleur vis-à-vis des fans d’un chanteur qui paraît un peu imbu de lui-même. Qu’importe, les fans sortent ravis et conquis de la salle… Et quoi de mieux pour juger de la qualité d’un concert que le sourire aux lèvres d’un fan ?