Kaibutsu kun 3D

Slapstick Nippon à la sauce Hammer !

Yoshihiro Nakamura porte enfin le classique de Fujio A. Fujiko à l’écran !

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À l’origine, « Kaibutsu-kun » est un manga des années 1960 en 15 tomes de Fujio Fujiko, puis c’est devenu un anime en 1968 de 50 épisodes. Classique du manga, « Kaibutsu-kun », fruit du travail de Fujio Fujiko (aussi créateur de « Doraemon ») ayant déjà inspiré quelques séries télé ainsi qu’une version animée, va enfin connaître les joies d’une adaptation live au cinéma grâce à l’excellent Yoshihiro Nakamura, réalisateur de « Fish Story » et de « Golden Slumber ».

Voici un résumé de ce film :

« Kaibutsu-kun 3D » suit un garçon (Satoshi Ono) qui peut changer de forme et ses trois compagnons Dracula (norito Yashima) Wolfman (Ryuhei Ueshima) et Frankenstein (Choi Hong-Man), qui, originaires de Monsterland, s’aventurent dans le monde des humains. Après un voyage initiatique, le héros-titre, prince des monstres et successeur au trône, ayant aidé deux jeunes humains et combattu les méchants pour devenir le digne successeur de son père, est de retour chez lui. Il est temps de monter sur le trône mais à la place d’un tonnerre d’applaudissements, il rencontre des huées et des menaces du public. Une fois de plus, il est contraint de quitter la terre des monstres avec ses compagnons, mais au lieu d’atteindre le Japon, ils se retrouvent à Curry Kingdom où Kaibutsu-kun est pris pour un « héros de légende ». Il décide de se prendre au jeu et finit par venir en aide à une princesse enlevée par un groupe de rebelles.

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« Kaibutsu-Kun: The Movie », est basé sur le programme de télévision du même nom, et le film commence là ou se termine la série télévisée. Le film déjà sorti au Japon le 26 Novembre, tombe le même jour que la date d’anniversaire de Satoshi Ono, leader du groupe ARASHI, adulé par des milliers de fans. Un coup marketing qui a fait son effet en plaçant le film sur un weekend de démarrage qui ne se démentira pas sur la longueur et mettra le film dans le top 10 des films les plus rentables sur le sol Japonais pour l’année 2011.

Le film tourné en partie à Jaipur, Rajasthan, Inde avec un budget conséquent selon les critères de production asiatique pour la somme de 24 millions de dollars retranscrit l’univers coloré et loufoque de la série éponyme. Yoshihiro Nakamura offre un divertissement plein de bon sentiment et de mièvrerie à souhait.

 

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Je suis habituellement un grand fan et un partisan du cinéma asiatique. Je suis ouvert à des mondes étranges, fous et parfois ridicules qu’ils créent dans la plus pure tradition classiques du cinéma de genre à travers les personnages emblématiques de la « Hammer Film production » (Je fais référence ici à la société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Ses productions de films fantastiques, d’horreur et d’aventures durant les années 1950 et 60 sont restées célèbres). J’ai vu « Vampire Girl vs Frankenstein girl« , « Mutant Squad Girls » et j’ai adoré le mélange unique de zombies et d’extraterrestres dans « Helldriver« . Je suppose qu’il doit toujours y avoir un échec à un certain moment et je crois que nous le voyons avec l’adaptation du manga en version grand écran de « Kaibutsu-Kun. » Non pas qu’il soit mauvais ni déprécié par le public Nippon mais ce film est destiné à un public enfantin malgré tout cela et la contradiction inhérente à l’homme, je n’ai pas boudé le plaisir régressif que ce film m’a offert. Un tour d’horizon s’impose pour comprendre et remettre dans le contexte la création de l’œuvre. Fujiko Fujio est un duo de mangaka, élèves d’Ozamu Tezuka, constitué de Moto abiko et d’Hiroshi Fujimoto. À leur séparation en 1987, chacun garda cette identité, Fujimoto ajoutant un (F) et Abiko un (A). Le duo a à son crédit le fameux et cultisme  « Doraemon ». Fujiko Fujio crée le personnage de Kaibutsu-Kun. Sa première apparition était dans le magazine japonais Shonen roi en 1965.

Kaibutsu-kun

Le film « Kaibutsu-Kun » dispose de tous les éléments familiers du manga et du succès des émissions de télévision, mais pour beaucoup d’occidentaux le produit semblera un peu fade au regard des standards du cinéma d’aujourd’hui. Le film porte une représentation kitch qui semble complètement assumé dans l’approche cinématographique et un brin désuet. Le cinéma et notamment, le cinéma japonais par l’entremise de sa nouvelle vague de cinéaste nous a habitué à voir des images qui frappent la rétine et nous laissent groggy pour le compte. « Kaibutsu-Kun » est un objet filmique dans le paysage du cinéma Japonais qui détonne avec sa naïveté et son ton décalé avec ces maquillages grotesques et ses personnages ridicules mais qui touche notre âme d’enfant. À cet égard et pour permettre une identification avec les personnages, le casting de la série télévisée en cours a été conservé, notamment Satoshi Ohno en tant que personnage titre, qui suscite une admiration sans borne de la part de ses fans qui le suivent dans tous ses déplacements. Cela s’est vu lors de la présentation du film en avant-première par Satoshi Ohno où 1700 fans étaient présents. Comme dans l’œuvre originale, Satoshi Ohno qui joue Kaibutsu-kun apparaît avec une casquette bleu-rouge, renforçant l’identification entre l’artiste musicien et le personnage fictif du manga. Le morceau emblématique du film «Monster » a été enregistré par le groupe Arashi ainsi qu’un clip avec une chorégraphie et les costumes du film.

En conclusion :

Kaibutsu-kun 3D reste un film qui est bien évidemment destiné aux enfants, mais cela n’a franchement aucune importance. Le film est tellement fou qu’il serait dommage de passer à côté de ce concentré de folie et d’émerveillement. Malgré quelques bémols et critiques acerbes de la part de votre serviteur d’un film dont peu d’occidentaux auront entendu parler, je le conseille aux aficionados de la culture Nipponne et aux amateurs de cinéma Bis qui ont un samedi soir à tuer ! Par ailleurs, ce n’est pas tous les jours que vous pouvez voir les versions japonaises de Dracula, Wolfman et Frankenstein et encore moins dans un même film.

Don Benvenuto

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