[Interview Exclusive] Ray Fujita

Très accessible et sympathique, l’acteur franco-japonais Ray Fujita a gentiment répondu à nos questions lors de sa venue à Japan Expo cette année.

 

  1. Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Ray Fujita, je suis un acteur japonais. Mon père est français et ma mère est japonaise. J’ai grandit en France entre l’âge de 4 ans à 8 ans à Saint Germain en Laye (78). Aujourd’hui, je suis venu à Japan Expo pour présenter la série et les films de Garo dans lesquels je joue le rôle de Rei Suzumura

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  1. Comment a débuté votre carrière ? Avez-vous toujours rêvé d’être acteur et chanteur ?

En fait, non. (rires) Mon agence m’a repéré dans la rue à Shibuya. Ensuite, j’ai commencé de manière très discrète au théâtre avant de réellement débuter dans la série Kamen Rider Faiz en 2002 à l’âge de 14 ans.

 

  1. Après, vous êtes remonté sur les planches avec notamment l’adaptation en comédie musicale du manga Kuroshitsuji/Black Butler ?

Oui, j’ai fait pas mal de comédies musicales mais pas seulement des adaptations de manga. J’ai par exemple joué dans « Les Misérables » même si les adaptations de Black Butler sont plus populaires auprès de mes fans

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  1. Il y a d’ailleurs le film qui est en préparation. Allez-vous reprendre votre rôle dedans ?

Malheureusement je n’ai pas été contacté. (rires)

 

  1. Vous devriez tenter votre chance, le casting n’est peut être pas fini.

(rires) Je vais en parler à mes managers, c’est une très bonne idée. Après je ne sais pas si mon personnage apparaît dans le film car déjà l’histoire semble un peu différente et le scénario semble plus tourner vers Sebastian que vers Ciel.

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  1. Garo est le deuxième tokusatsu dans lequel vous jouez après Kamen Rider. Y a-t-il une différence par rapport aux dramas ou aux films « standards » ?

Oui, bien sûr. Déjà, on combat des montres. (rires) Comme dans tous les tokusatsu, il y a beaucoup d’action. Mais Garo est particulier car, normalement, les héros deviennent forts en se transformant alors que dans Garo, on se bat avant de se transformer. C’est très dur.

 

  1. D’ailleurs, on voit de moins en moins les armures dans la dernière saison.

Tout à fait. Car avec elles, on est vraiment trop fort donc ça va finir trop vite. (rires)

 

  1. Si la série était licenciée en France, voudriez-vous vous doubler vous-même ?

J’adorerais. En plus ça me ferait retravailler mon français.

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  1. Au cours de votre carrière, quels sont vos meilleurs et vos pires expériences ?

Les mauvaises expériences, j’ai tendance à les oublier très vite. Une fois que c’est fini, c’est fini. Pour le meilleur, c’est dur aussi car j’ai fait beaucoup de choses différentes qui m’ont chacune apporter quelque chose. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé Garo car c’est un de mes rôles les plus importants. Dans la rue, on me reconnaît pour ça et les gens connaissent plus mon personnage que moi. (rires)

 

  1. Vous faites vous-même vos cascades ?

Bien sûr. Ça demande beaucoup de préparation. En plus comme je suis franco-japonais, je sus plus que les Japonais. (rires) D’ailleurs dans la 2ème série, celle diffusée à Japan Expo, j’avais un combat contre le personnage de Juzo interprété par Kohei Otomo. C’était l’été et on était dans un parking en sous-sol avec nos costumes super chauds. C’était horrible. Surtout que, je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais pas le droit de boire. (rires) Même si se fut dur, c’était quand même sympa de pouvoir travailler avec monsieur Otomo qui est très connu au Japon.

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  1. Il y a des choses que vous regrettez dans votre carrière ?

(avec un petit sourire en coin) Qu’est-ce que vous essayez de me faire dire ?

 

  1. J’ai entendu parler de Princess Princess D …

(Gros éclat de rire) J’en étais sûr ! C’était juste après la première série de Garo et les staffs m’ont demandé ce qui m’était passé par la tête et si j’aimais me transformer en fille maintenant. (rires) C’était marrant mais sur ma carrière, c’est clair que ce n’est pas la meilleure chose que j’ai faite. (rires)

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  1. Avec du recule, ça passe mieux ?

Oui même si je ne peux toujours pas le regarder. (rires)

 

  1. Dans 20 ans peut-être ?

C’est ça. Même si je ne sais pas si je me ferai un jour au costume de lolita. (rires) Plus sérieusement, grâce à ce drama, j’ai trouvé qu’être une fille c’est vraiment dur. Entre le maquillage, la coiffure et l’épilation, faut le faire. En plus, une fois qu’on était préparé on ne pouvait plus aller se balader en attendant nos scènes. Une ou deux fois, j’ai quand même été au konbini (épicerie) et les gens me regardaient bizarrement genre « Va dans Shinjuku San-chome » (quartier gay de Tokyo).

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  1. Parlons un peu de Dutsz, votre groupe. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Je les ai rencontrés au Japon à l’école française. Pour la fête de l’école, notre prof de musique voulait qu’on fasse un groupe. On l’a fait en reprenant du Dragon Ash. Après ça, j’ai un peu mis la musique de côté en faisant Garo. Juste après, je les ai recontactés et ils étaient aussi partants donc on s’est lancé.

 

  1. Depuis 2011, vous n’avez rien sorti. Quand allez-vous revenir ?

On veut vraiment revenir. Je suis aussi venu pour ça à Japan Expo, pour voir si on pouvait faire un live plus tard.

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  1. En 2009, vous étiez venu chanté dans la rue pour la Fête de la musique.

On a beaucoup aimé ce moment. Je pensais qu’il n’y aurait personne ou avec un peu de chance 20 ou 30 personnes. J’ai été vraiment surpris de voir que 300 à 400 personnes étaient venues pour nous. Au final avec les gens qui arrivent, ceux qui passent et ceux qui partent, 3 000 personnes ont dû entendre notre musique. Et il n’y avait pas que des Français, on a rencontré des fans de différents pays européens. Je me suis dit que ça risquait de mieux marcher pour nous ici qu’au Japon.(rire) A la fin, il nous ont même demandé Break & Peace, l’ending de l’anime Sengoku Basara, je ne m’y attendais vraiment pas.

 

  1. Vos deux collègues sont aussi franco-japonais, n’est ce pas ?

Oui, même si l’un des deux a arrêté le groupe.

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  1. Vous n’êtes donc plus que deux pour le moment ?

C’est exact, mais là on est en train de recruter.

 

  1. Des métis franco-japonais encore ?

(rires) Je ne pense pas, c’est dur à trouver. Par contre, on chantera sûrement quelques chansons en français dans le futur.

 

  1. Quel effet cela vous fait-il de savoir que des gens vous connaissent en France grâce a Garo ?

Ça me fait très plaisir surtout que ce n’est pas diffusé ici. Je ne sais pas comment ils font pour réussir à suivre la série. Lors de notre passage en 2009, il y avait des fans avec des magazines japonais avec Garo ou même Princess Princess. J’étais heureux mais je me demandais aussi où il avait pu les avoir.

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  1. Parmi toutes vos activités, que préférez-vous ?

C’est dur car que ce soit le chant ou la comédie, ça permet de transmettre nos émotions. J’ai l’habitude de chanter dans trois langues et peu de personnes peuvent donc tout comprendre donc c’est la musique qui compte. J’aime aussi le théâtre et être devant la caméra. Je ne peux donc pas choisir.

 

  1. Pour finir, pouvez-vous laisser un message à vos fans ?

Je suis vraiment heureux d’être venu en France à Japan Expo. Voir que les Français aiment la culture japonaise fait vraiment plaisir. J’espère que ceux qui n’ont pas encore vu Garo vont avoir envie de découvrir cette super série Je ne m’attendais pas à voir autant de fans français, c’est génial. Merci à vous tous.