[Interview Exclusive] Satoh takeru

Malgré un emploi du temps plus que chargé, entre nouveaux tournages, promo de Kenshin le Vagabond et vacances bien méritées, Satoh Takeru a accepté de prendre un peu de son précieux temps pour répondre à nos questions sur sa carrière et son rôle dans Kenshin. Découvrez avec nous l’une des étoiles montantes du cinéma japonais!

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs francophones ?

Bonjour ! Je suis Satoh Takeru, et je travaille au Japon comme acteur.

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Pourquoi avoir décidé de se lancer dans cette carrière et de rejoindre l’agence de talents Amuse?

En fait, je n’ai rien décidé du tout ! Un jour, quand j’avais 16 ans, en me promenant à Harajuku, j’ai été abordé par un recruteur de la Amuse… et voilà !

Votre premier rôle populaire a été celui de Ryotaro dans Kamen Rider Den-O. Quels souvenirs gardez-vous de ce drama et de ce personnage ?

Honnêtement, c’était super difficile ! Je venais à peine de débuter, et Ryotaro est un personnage complexe avec pas moins de six ou sept personnalités différentes… Je me souviens surtout que c’était dur !

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Vos fans vous connaissent depuis Den-O comme un bon break-danseur, et vous avez à nouveau montré vos talents sur scène lors du Super Handsome Live 2011. Avez-vous toujours le temps de danser et de répéter ?

Pas du tout ! S’il faut tout avouer, j’adorerais pouvoir ménager du temps pour ça, mais en ce moment, mon emploi du temps est une course contre la montre : impossible de danser, même juste pour le plaisir. *soupir*

Récemment, vous vous êtes essayé à la scène en interprétant le rôle de Roméo dans une adaptation de la pièce de Shakespeare., Roméo et Juliette. Le travail sur scène est-il très différent ? Avez-vous apprécié l’expérience ? Seriez-vous tenté de recommencer si l’occasion se présentait ?

À ma grande surprise, la différence majeure, c’était le travail sur ma propre diction. Au théâtre, pas de bafouillage autorisé ! Mais ça a été une expérience qui, bien que stressante, m’a énormément plu et énormément appris… Si on me proposait une nouvelle pièce, je suis définitivement partant pour relever le défi !

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Si vous n’aviez pas été recruté ce fameux jour à Harajuku, que pensez-vous que vous seriez devenu ?

Hum… J’aurais voulu être philosophe ! *rires*

En 2010, pour votre album photo intitulé NOUVELLES, vous êtes allé passer plusieurs jours à Paris. Qu’avez-vous pensé de la France ?

Je suis resté admiratif devant la beauté des monuments et des musées de la capitale, surtout au moment du coucher de soleil… C’était magnifique ! Et le vin français est vraiment délicieux !

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De tous les rôles que vous avez interprétés jusqu’à présent, pouvez-vous en citer un qui vous a particulièrement marqué ?

Définitivement mon dernier rôle en date, celui de Kenshin le Vagabond.

Depuis votre tout premier drama en 2006, il ne s’est finalement écoulé que six ans, et pourtant, vous êtes déjà un acteur suffisamment influent dans le panorama japonais pour vous voir confier un rôle aussi important que celui d’Himura Kenshin sur grand écran… Quel effet ça vous fait ?

Ça me rend vraiment reconnaissant envers tous les gens qui ont cru en moi et qui m’ont soutenu pendant toutes ces années…

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Qu’avez-vous ressenti lorsque l’on vous a annoncé que vous alliez interpréter le rôle de Kenshin ?

Je ne pouvais pas y croire. J’ai même eu du mal à croire qu’il y aurait une adaptation live de la série Kenshin le Vagabond en fait. Quand j’étais enfant, j’étais moi-même très fan de cette série, je regardais l’anime et je lisais le manga. Avec mes amis, on s’amusait à refaire les techniques dont ils se servaient. Si, à l’époque, on m’avait qu’un jour je serais vraiment Kenshin… ! Honnêtement j’étais surpris. Avant même d’être heureux, j’étais juste choqué !

Dans les faits, comment cette surprise s’est-elle transformée, quand en avez-vous vraiment pris conscience ?

Au début ça me semblait totalement impossible. Vraiment, faire vivre Kenshin me paraissait juste irréalisable. Il a fallu que je me force à changer de point de vue, à ne pas me limiter à ma vision de Kenshin, mais plutôt réfléchir à comment faire passer ça à travers la caméra, comment le rendre réel. J’ai dû envisager le résultat final que je voulais obtenir. Entre le moment où j’ai appris que j’avais le rôle pour Kenshin et le début du tournage, deux ans se sont écoulés. J’ai rencontré l’équipe et nous avons discuté de comment nous voyions les choses, de comment nous allions nous y prendre, du résultat auquel nous souhaitions aboutir… Nous avons surtout prêté attention aux scènes d’actions et aux détails de l’histoire.

Au fil de nos discussions, j’ai commencé à me dire que c’était réalisable après tout. Que nous pourrions peut-être même réussir à faire un film qui plairait aux fans de l’œuvre originale. C’est vraiment à partir de ce moment-là que je me suis dit que je devais faire de mon mieux !

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Sur quoi vous êtes-vous basé pour ce rôle, quel « Kenshin » aviez-vous pour objectif ?

On m’a laissé faire le Kenshin que j’imaginais. C’est vraiment un rôle pour lequel j’ai eu beaucoup de liberté et du coup, plus qu’un Kenshin fidèle à la version originale, j’ai opté pour Kenshin tel que je l’imaginais, mon idéal.

Concrètement, en quoi Kenshin est-il un « idéal » ?

Tout d’abord, c’est un symbole de force! Pour les lecteurs, Kenshin est quasiment invincible ! Au fil de l’histoire, il devient de plus en plus puissant, et même s’il y a des combats qui sont difficiles, dans ce film, sa puissance est incontestable. C’est un tel expert dans son art que, parfois, il parait n’être même pas humain : il ne s’énerve pas, il ne perd pas son sang-froid pour un oui ou pour un non ; lors des combats, il ne fait aucun mouvement inutile, il possède une grande force de caractère. Et pourtant, en temps normal, quand il est tout simplement Himura Kenshin, il ne dégage pas cette aura de perfection, et c’est plutôt sa gentillesse, voire même sa fragilité, que ressentent les personnages qui l’entourent et les lecteurs. Au final, c’est cet équilibre-là qui le rend vraiment humain et attachant et c’est ce Kenshin-là que j’ai voulu faire vivre.

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Donc ce « Kenshin idéal » est un personnage à deux visages. Comment avez-vous réussi à rendre à la fois le gentil Himura Kenshin et le terrible Battosai l’Assasin ?

Cet aspect de sa personnalité forme la base même du manga d’origine et j’ai voulu en faire la base de mon interprétation : du coup j’ai pris ça comme un challenge de jouer ces deux rôles pour un même personnage. Himura Kenshin et Battosai l’Assassin sont la même personne mais il fallait marquer cette différence dès le premier film de façon à ce que tout le monde comprenne bien les tourments qui peuvent habiter Kenshin. J’ai beaucoup travaillé sur mon jeu d’acteur pour faire ressortir cette différence de caractères et au final, je pense que les particularités de chacun des deux Kenshin sont assez visibles à l’écran…

Quelque part, s’il est un personnage tant aimé du public, c’est sans doute justement parce que Kenshin a une fragilité, une faiblesse immense à la mesure de sa puissance immense… Et vous Takeru, que pensez-vous de ses faiblesses ?

Comme on le disait plus haut, cette « faiblesse » de Kenshin, c’est au fond ce qui vient transformer le guerrier invincible et implacable en un être humain. Sans spoiler le film, cette faiblesse, cette « humanité » de Kenshin est à la base d’une des scènes les plus importantes du film selon moi, et qu’il ne faut surtout pas manquer !

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Est-ce que vous avez superposé vos propres forces et faiblesses à celles de Kenshin quand vous vous êtes glissé dans le rôle ?

Pas du tout. Pour ce film je n’ai pas pensé à moi à un seul moment : Kenshin et moi-même sommes trop différents ! Sa force est hors de ma portée, je ne me suis même pas posé la question d’aller la chercher au fond de moi!

Cependant, avoir été capable d’incarner ce Kenshin, est-ce que ça ne démontre pas une grande force de votre part ?

J’aime jouer, je me contente de faire ce que j’aime et ce qu’on me dit de faire ! Je suis plutôt faible en fait… *rires*

En tant qu’acteur, vous vous sentez donc capable de tout supporter pour incarner votre personnage ?

Je peux endurer beaucoup pour un rôle, et même quand c’est difficile et que le personnage m’est complètement étranger, je finis toujours par y prendre du plaisir ! Je veux pouvoir faire vivre des personnages intéressants que les gens apprécieront et pour ça, je ne ménage pas mes efforts. Pour Kenshin le Vagabond, à l’origine, j’aime bouger donc les entrainements pour les scènes d’actions étaient vraiment très intéressants et amusants pour moi. De vraies poussées d’adrénaline. Nous avons aussi tourné énormément de scènes à Kyoto, et même pour me réveiller, je n’ai eu aucun soucis ! *rires* En général, quand je dois tourner des scènes le matin, je finis par être épuisé et par avoir du mal à me réveiller, mais pour ce film, j’étais tellement « dedans », que je me levais d’un seul coup le matin et j’étais prêt pour tourner. C’est la première fois que ça me fait ça. *rires*

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Vous parlez des scènes d’actions, qui sont vraiment impressionnantes dans le film. Comment se sont passés les entrainements pour ces passages ?

En fait, le mouvement que fait le samurai qui abat son katana est très proche du mouvement que fait le batteur dans un match de baseball… Alors tous les matins du tournage, je me suis entrainé à ce geste des dizaines et des dizaines de fois !

Pour revenir rapidement sur la personnalité double de votre personnage, comment avez-vous travaillé pour ressentir (et faire ressentir !) les sentiments et les émotions du « Battosai-assassin » d’une part et du « Kenshin-protecteur » de l’autre ?

La première scène du film est très importante pour comprendre la double personnalité de Kenshin : après avoir commis un nombre inimaginable de crimes pour la Restauration, les cris de « Victoire, victoire ! » alors que prend fin la bataille finale viennent libérer Battosai. Peut-être qu’avant ça, à chaque fois qu’il tuait quelqu’un, il voulait en fait lui-même être libéré ? Pour moi, c’est vraiment un sentiment de liberté qui se dégage de ce passage, et que mon personnage exprime en abandonnant son katana souillé de sang sur le champ de bataille. Mais le Battosai ne peut pas redevenir l’innocent Kenshin d’avant juste en se débarrassant de son sabre… Il est hanté par le sentiment de devoir se racheter pour ce qu’il a commis.

Pour moi, c’est là, dans ce passage-clé, que se joue toute la dichotomie et la douleur du personnage de Kenshin, c’est là que nait le « Kenshin-double » que rencontrera Kaoru ! Se laisser mourir n’aurait pas de sens et serait une forme d’insulte envers tous ceux qu’il a massacrés pour l’avènement de la nouvelle ère, mais vivre comme si de rien n’était n’est pas envisageable non plus tant la culpabilité est grande : Kenshin décide donc de faire face à ses responsabilités et de désormais vivre pour les autres.

Au final, pour Himura Kenshin, il n’y avait pas d’autre solution que le katana et c’est en portant son katana à lame inversée qu’il décide de vivre pour les autres. Voilà ce que je pense de Kenshin, ce que j’ai essayé de rendre à l’écran, et ce que j’espère que le public du film recevra en le regardant.

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Malgré les inquiétudes de Kaoru, le Kenshin qui veut vivre pour les autres revient toujours auprès de ses compagnons. La phrase « Je reviendrai quoiqu’il arrive. » est une phrase-clé du film. Avez-vous vous aussi un « endroit » où vous pouvez toujours revenir ?

Comme pour Kenshin, mes proches sont les personnes les plus importantes pour moi. Quand je suis stressé ou durant les moments difficiles, les premières personnes que je contacte sont mes amis. Même s’ils sont occupés, ils trouvent le moyen de m’accorder du temps et de venir me voir pour me remonter le moral. Dans ces moments-là je me sens vraiment soutenu.

Quels sont, selon vous, les points forts du film ?

Je pense que Kenshin le Vagabond peut être un film stimulant et excitant pour toutes les personnes qui le verront, partout dans le monde. Surtout les scènes d’actions ! Ca me ferait plaisir si les petits garçons ayant vu le film essayaient de rejouer ces scènes de la même façon que nous faisions quand nous étions à l’école primaire après avoir lu le manga ou vu l’anime, et que le film devienne lui aussi une partie de la série Kenshin. Bien sûr, les scènes d’actions sont des passages dans lesquels j’ai totalement confiance.

Il faut aussi noter la qualité de l’image et de la réalisation ! À l’international, on attend beaucoup d’un film sur ce point, et j’espère que ça plaira. L’excellent jeu de tous les autres acteurs aussi est un point fort du film évidemment !

Je suis vraiment heureux d’avoir pu faire partie de cette aventure et du fond de mon cœur, j’espère que de nombreuses personnes iront le voir et en sortiront comblées.

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Pour finir, un petit message pour les fans français de Kenshin et/ou de vous-même?

De toutes les villes que j’ai eu la chance de pouvoir visiter, Paris est définitivement la plus belle !

Si l’occasion m’était donnée de pouvoir y retourner dans le cadre du travail, je serais vraiment heureux de vous rencontrer tous. Merci pour votre soutien !

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