[Interview Exclusive] MAYDAY

Afin de promouvoir leur tournée européenne, Mayday a fait un arrêt à Paris pour une courte journée, au cours de laquelle nous avons eu la chance de les interviewer, et ainsi en profiter pour faire leur connaissance en toute simplicité.

Pouvez-vous vous présenter, pour les français qui ne vous connaissent pas encore ?

Nous nous sommes connus au lycée. Nous jouions tous de la guitare et avons décidé de former un groupe, pour faire de la musique ensemble. C’est comme cela que l’histoire de notre groupe a commencé.

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Quelle est la signification du nom de votre groupe, Mayday ?

Masa : « Mayday » est le pseudo que j’utilisais sur internet au lycée. À nos débuts, nous n’avions pas de nom. Pour donner notre premier concert, nous avons dû en trouver un, et après s’être creusé la tête nous avons finalement choisi d’utiliser mon pseudo, traduit en chinois [NDA :五月天, prononcé wu yue tian, « jour de mai »].

Vous êtes extrêmement connus à Taïwan et dans toute l’Asie. Comment gérez-vous votre célébrité au quotidien ? Arrivez-vous à passer incognito ou vous reconnaît-on dans la rue ?

C’est vrai qu’on nous reconnaît dans la rue, mais les gens qui nous abordent sont en général très amicaux. Nous écrivons des chansons pour tout le monde, et nous vivons des vies assez ordinaires en fin de compte, alors tout se passe bien. Le fait que nous soyons connus en Asie ne nous pose pas de problème, ça fait partie du jeu.

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Certains fans peuvent devenir un peu fous. Par exemple, en Corée, des fans campent parfois devant la porte leur célébrité préférée. Vous est-il déjà arrivé des histoires de ce genre, et comment le vivez-vous ?

Notre groupe existe déjà depuis 15 ans, et notre célébrité est venue très graduellement. Du coup, nous ne subissons pas ce genre de chose, nous ne sommes pas inquiétés au quotidien. Mais à l’étranger, comme ici en France, nous sommes quand même très heureux de pouvoir nous promener dans la rue comme tout le monde. Bon, c’est vrai qu’on évite quand même d’aller dans des endroits comme les Galeries Lafayette, où les touristes chinois pourraient nous reconnaître !

Malgré votre célébrité, vous semblez être restés simples et modestes, et votre musique en est la preuve. Comment avez-vous su garder la tête froide, et rester fidèles à vous-mêmes ?

En fait, si, on a la grosse tête (rires). À vrai dire, quand nous étions au lycée, nous étions de simples camarades, qui aimaient faire de la musique pour le plaisir. C’est ce que nous sommes toujours aujourd’hui, de simples amis musiciens, même si c’est vrai, on ne joue plus que pour nous, mais aussi pour tous les gens qui nous écoutent. Ça nous donne des responsabilités. La dimension de notre musique a changé, mais entre nous, tout est resté pareil. Nous vivons toujours pour cette musique. Ce n’est pas parce que les gens nous considèrent comme extraordinaires que nous le sommes vraiment.

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Vous êtes des modèles pour beaucoup de jeunes. En êtes-vous conscients, et est-il difficile d’assumer ce rôle ?

Nous sommes conscients d’être des exemples pour beaucoup de jeunes. Il est vrai qu’à cause de cela, nous faisons attention à nos comportements et nous essayons d’être des influences positives.

Avec toutes les activités que vous entreprenez, quand avez-vous le temps de dormir ? Quel est votre secret pour être si productifs ?

C’est une question d’organisation. En fait, quand arrive le temps de faire des concerts ou d’enregistrer des chansons, nous nous donnons à fond, ces moments sont intenses. Le reste du temps, nous savons aménager des moments plus tranquilles ou nous pouvons profiter de nos familles, nous reposer, réfléchir à de nouvelles chansons chacun de notre côté etc. Il est déjà arrivé que le lendemain d’un concert, Stone participe à une compétition de natation dans le plus grand lac de Taïwan ! On arrive très bien à gérer.

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Votre succès dure depuis environ 15 ans. Comment avez-vous réussi à maintenir la cohésion du groupe, malgré les moments difficiles ?

Nous nous connaissons si bien et depuis si longtemps que nous n’avons pas de problème de ce côté-là, en ce qui concerne notre collaboration musicale. Par contre, quand il s’agit de décider d’où aller manger après les concerts, là, les problèmes surgissent !

Parlez-nous de votre tournée européenne. C’est la première fois que vous allez vous produire en Europe. Avez-vous prévu quelque chose de spécial pour celle-ci ?

Durant cette tournée, nous avons demandé à nos fans de nous transmettre leurs vœux, leurs souhaits via Facebook ou Twitter. Nous allons projeter ces vœux sur le grand écran derrière nous pendant les concerts. Au moment où nous avons commencé cette tournée, en 2012, on parlait beaucoup de la fin du monde, soit disant prédite par les Incas. Mais pour nous, la fin du monde, ça peut aussi signifier le début d’autre chose. C’est dans ce cadre qu’on a eu cette idée. Nous allons lire ces souhaits au milieu du show, et orienter la suite du concert selon ceux-ci.

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Y a-t-il un pays où vous rêveriez de vous produire ?

Masa : J’aimerais bien qu’on se produise à Buenos Aires, en Argentine. On n’a jamais fait de concert là-bas, et sur une carte du monde, l’Amérique latine se trouve pile à l’opposé de l’Asie dans l’hémisphère sud, je trouve que c’est un point intéressant. L’Australie, ce serait bien aussi, mais là, on n’est pas très loin de l’Asie.

À la réflexion, dans un de nos albums on évoque des discours de Che Guevara, cela rappelle un peu l’esprit rebelle des artistes rock. Se produire en Amérique latine serait l’occasion de s’imprégner de cet esprit-là.

Vous étiez déjà venus à Paris pour un concert en 2012, au Divan du monde. Pouvez-vous nous raconter cette expérience ? Comment a été la transition entre des grandes salles telles que la Taipei Arena ou le stade olympique de Pékin, et une petite salle parisienne ? Quel a été votre contact avec le public ?

À vrai dire, on aime beaucoup faire des concerts dans de petites salles, où on peut très facilement voir les visages, observer leurs réactions, avoir un meilleur contact avec le public. Mais grande ou petite, chaque configuration offre une expérience différente. Les deux nous plaisent, même si le ressenti n’est pas du tout le même.

À Paris, la plupart des personnes présentes au concert étaient asiatiques, c’est vrai. Nous avons un bon souvenir de ce concert, car cela faisait longtemps que nous n’avions pas joué dans une salle si petite, ça nous a rappelé nos débuts. Nous avons pu retrouver des sensations que les salles plus grandes ne nous permettent pas d’avoir.

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Pensez-vous que la musique taïwanaise peut toucher les Européens, malgré notamment la barrière de la langue ?

Nos chansons sont en chinois, certes, mais il est aussi possible de les apprécier pour leur mélodie ou leur rythme autant que pour leurs paroles. Nous avons bien réfléchi à cette question, et nous avons déjà fait des démarches pour se rapprocher des publics étrangers, comme au Japon où nous avons interprété des chansons en japonais et fait des collaborations avec des artistes japonais. Nous pensons peut-être étendre cette expérience à l’anglais, et pourquoi pas le français ! Monster parle couramment japonais, il faudrait que l’un d’entre nous se mette à apprendre le français !

Pourriez-vous nous décrire le processus d’écriture et d’enregistrement d’une chanson ? Avez-vous commencé à préparer votre prochain album ?

On réfléchit chacun de notre côté à de nouvelles paroles, de nouveau thèmes ou de nouvelles mélodies. On laisse nos imaginations vagabonder. Quand on amorce la création d’un nouvel album, on se réunit pour coordonner nos idées et voir comment les combiner de manière cohérente. En ce moment, nous sommes concentrés sur la tournée européenne à venir, nous n’avons donc aucune idée de ce à quoi le prochain album pourra ressembler, même pas le thème principal.

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Quelle est votre étape préférée ? La réflexion et la construction de la musique en studio, l’adrénaline des concerts…?

Ashin : Moi, c’est les concerts.

Monster : J’aime accompagner Ashin à la guitare pendant les concerts.

Ming : Moi aussi j’aime bien les concerts, c’est une expérience extraordinaire et très excitante.

Masa : Tous les moments où je peux jouer de mon instrument.

Stone : J’aime les concerts, surtout les moments imprévus, comme ces petites erreurs qui se glissent dans les morceaux.

Vous avez parfois montré votre côté engagé ; par exemple, dans votre film en 3D, il y a toute une séquence qui évoque la situation de la société taïwanaise. Imaginez que vous êtes maire de Taipei. Quels changements voudriez-vous voir appliqués ?

On ouvrirait beaucoup de salles de concerts, pour que tous les musiciens puissent se produire.

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Imaginez-vous parfois ce que serait votre vie si vous n’étiez pas devenus musiciens professionnels ? Quel métier auriez-vous exercé ? Quelle vie auriez-vous menée ?

Ça fait très longtemps qu’on ne pense plus à ce qu’on aurait pu être si nous n’étions pas devenus musiciens. Nous sommes dans ce milieu depuis plus de 15 ans, nous ne pourrions pas imaginer nos vies autrement.

Si vous deviez changer de rôle dans le groupe, quel rôle prendriez-vous ?

Parfois, on change nos rôles pendant les concerts, l’un d’entre nous prend le rôle du chanteur à la place de Ashin. Mais c’est juste pour quelques chansons, on a vraiment du mal à changer nos habitudes !

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Taïwan n’est pas très connu en France. Pouvez-vous essayer de donner envie aux Français de visiter Taïwan ?

Masa : La première particularité de Taïwan, c’est la nourriture. On a énormément de snacks très typiques, vendus dans des stands et des marchés de nuit, c’est toute une culture chez nous. Comme les Français aiment bien manger, je suis sûr que cela les attirera. D’autre part, moi, quand je vais à l’étranger, j’aime bien visiter les églises, car elles représentent tout un pan de la culture d’un pays. À Taïwan, il y a beaucoup de temples, et ceux-ci sont très animés et très colorés, offrant une atmosphère complétement différente de celle des églises. Ce côté pourrait attiser la curiosité des Français et leur donner envie de découvrir la culture taïwanaise.

Pouvez-vous nous recommander quelques plats taïwanais ?

On adore manger du tofu puant, c’est un snack très apprécié à Taïwan. Il y a aussi l’omelette aux huîtres ! Ces snacks peuvent paraître très bizarres pour les non-Taïwanais, mais en vérité, ils sont délicieux !

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Un petit message pour nos fans ?

Nous espérons que notre musique pourra vous toucher ! Venez nombreux à notre prochain concert en France en février !