Hito ni Yasashiku

Les films Trois Hommes et un Couffin de Coline Serreau et Three men and a Baby de Leonard Nimoy, ça vous dit quelque chose? Parce que Hito ni Yasashiku, le drama de l’hiver 2002 de la Fuji TV semble avoir résolument décidé d’en reprendre le principe…

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Scénario :

Zen, Taro et Ken sont trois célibataires heureux de l’être. Le premier travaille dans un magasin de sport, le second dans un magasin de vêtements féminins de luxe (et se retrouve accessoirement gigolo à ses heures perdues) et le troisième travaille comme livreur quand il ne s’engueule pas avec son chef. Tous trois vivent ensemble dans une grande maison et même si les fins de mois sont dures, ils y ont chacun trouvé la famille qu’ils n’ont jamais eue.

Mais voici qu’un matin, frappe à la porte un petit garçon haut comme trois pommes qui se présente avec le message suivant de sa maman : « Prenez soin de cet enfant, je reviendrai le chercher un jour »…

Est-il besoin de préciser que nos trois colocataires, qui ont par erreur dépensé l’intégralité leur argent, sont dans de sales draps ? Car les enfants, Zen, Taro et Ken… ce n’est pas leur tasse de thé !

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Les blablas de Calci ou le pourquoi du comment vous devriez regarder :

Hito ni Yasashiku, littéralement « Sois gentil avec les gens« , accuse, il faut l’admettre, un sacré coup de vieux. Bien plus que d’autres dramas de la même génération (car non, ce n’est pas SI vieux que ça 2002, c’est l’année de Kisarazu Cat’s Eye, de Long Love Letter, de Yume no California, de Yan Papa…). Coupes de cheveux, voitures, vêtements… mais aussi son, image, réalisation, à la lumière de 2012, les dix ans qui nous séparent de sa diffusion en paraissent presque le double. Ce côté désuet, cependant, est selon votre humble chroniqueuse, sinon la force, au moins le charme de la série.

J’admets volontiers que ce drama n’est PAS le drama de l’année 2002, qu’il ne se classe pas en haut de mon palmarès et qu’il ne casse pas forcement trois pattes à un canard. En revanche, il a toujours une petite place attendrie dans mon cœur et c’est souvent vers lui que je me tourne quand ça ne va pas trop bien et que j’ai besoin d’un peu de douceur et de rires dans ma vie. Ni trop niais, ni trop sérieux, Hito ni Yasashiku offre un petit interlude bienvenu entre deux épisodes d’un drama un peu trop dur ou tout simplement entre deux journées de travail fatigantes et pas franchement gratifiantes.

Développons-donc un peu ces pourquoi du comment :

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*Les acteurs principaux ne sont pas des grands acteurs et leur jeu recèle un certains nombre de fausses notes. Celles-ci paraissent le plus souvent cependant dues plus aux personnages eux-mêmes qu’à ceux qui les incarnent. Prenez Zen par exemple… Il en fait des tonnes et on n’est pas sûrs d’y croire vraiment à ce perso. Pourtant, il est attachant et Katori Shingo (membre des SMAP, vu avec plaisir dans Love Story, et avec des petits haussements de sourcils moqueurs dans Toumei Ningen) lui donne un vrai relief. Ce n’est pas une performance d’acteur notable de sa part, mais ce n’est certainement pas un mauvais rôle non plus. Il en va de même pour Taro, qu’interprète Matsuoka Mitsuru, chanteur du groupe SOPHIA et Ken, incarné par Kato Koji (Pour l’anecdote, Matsuoka, qui joue Taro, de son nom complet Yamada Taro… joue le père de Yamada Taro dans… Yamada Taro Monogatari sorti en 2007… Coïncidence ?? On en doute!)

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Les filles également sont suffisamment attachantes pour qu’on oublie qu’elles ne crèvent pas l’écran. Mention spéciale à Hoshino Mari (Nozomi) en jeune fille en fleur qui débarque de sa province et à Ryo (Yu), en manager de bar superbe et gracieuse (qu’elle est belle cette femme *O*).

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Mais n’oublions tout de même pas la palme, qui selon moi va au petit Akira, interprété par Suga Kenta. Du haut de ses huit ans, et alors qu’il tourne là son tout premier drama, Kenta est sans doute celui qui fera le plus évoluer son personnage au fil de la série. Vous l’avez sans doute recroisé depuis dans Kuitan, Akahana no Sensei ou Shinsengumi PEACE MAKER.

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Bref, un casting sympathique, qui ne révolutionne pas le genre, mais parvient à rendre attachants ces personnages et vraies les relations qui les unissent. On appréciera notamment la manière dont chacun évolue au fil des épisodes, s’ouvrant progressivement aux autres et au monde différent qui est le leur.

* Ainsi, quelque part, Hito ni Yasashiku, c’est une leçon de vie qui nous dit que les adultes ont sans doute autant à apprendre des enfants que le contraire, que l’on ne peut que s’enrichir au contact des autres, car il y a sans doute autant de façons de vivre que de gens pour les vivre, et puis aussi qu’on n’est pas adulte juste parce qu’on a dépassé la vingtaine et qu’il n’est jamais trop tard pour grandir… Rien de très original en somme mais d’une, ça ne fait pas de mal de le redire de temps en temps, et de deux, Hito ni Yasashiku a su doser et équilibrer son propos, l’étoffer de personnages intéressants et d’assez d’humour pour ne pas vous donner l’impression de regarder une leçon de morale en 11 épisodes.

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* Et puisqu’on parle des acteurs, prenons également le temps de noter l’apparition d’un certain nombre de guests parmi lesquels notamment Kamiji Yusuke à ses débuts et un tout jeune Ikuta Toma (16 ans à l’époque, épisode 5 pour celles qui ne seraient intéressées que par ça).

* Une bande son très sympathique signée par le groupe de Punk Rock, The Blue Hearts. Ce n’est pas le genre de musique que j’écouterais dans ma chambre, mais la BO colle bien au drama et on s’habitue vite au cote un peu « bruyant » des titres Yume, Hito ni Yakashiku et Owaranai Uta. Car être bruyant, c’est un des particularités de ce drama et de ces personnages : Zen, Taro et Ken ont un mal fou a s’exprimer sans cris et gestes dramatiques, par opposition au petit Akira, tout calme et bien élevé. L’évolution du drama verra les adultes s’assagir et l’enfant s’épanouir… Pour en finir sur la bande son, admirez également l’hilarante parodie du clip de Yume rejoué par les quatre personnages principaux en opening de la série!

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Et voila! Comme vous le voyez au final, l’article n’encense pas le drama, loin de là, mais j’espère malgré tout que ce qui en ressort, c’est que ces 11 épisodes valent le détour, et que si vous avez quelques heures devant vous (et savez où chercher !), je vous le conseille, parce que pour écrire cette double page, je l’ai revu et que… je l’aime toujours autant!