Gangster

Distribution

Emraan Hashmi : Akash Malohtra
Shiney Ahuja : Daya Shankar
Kangna Ranaut : Simran
Gulshan Grover : Khan
Vicky Ahuja : Usman

Réalisation :Anurag Basu
Scénario :Mahesh Bhatt

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L’histoire

Simran (Kangna Ranaut), ex-danseuse de bar, a sombré dans l’alcool et a perdu le goût de vivre. Seul Akash (Emraan Hashmi), un musicien rencontré dans un bar de Séoul où il se produit régulièrement, tente de l’aider pour la sortir de cet état de détresse. Un jour, Simran se confie à Akash et lui dévoile le lourd passé qui ronge sa vie…

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Gangster : A love story

Gangster est le premier film de Bollywood à avoir été tourné en Corée du Sud, à Séoul. À ce titre, il mérite, déjà une mention très spéciale, au-delà du fait que ce soit une production de haute qualité tant côté scénario que côté interprétation.

La patte « Bhatt » amène son lot de tensions et entraine son fidèle protagoniste féminin d’abord fragile à devenir fort. Une trame chère au réalisateur reconnu pour ses œuvres commerciales, mais aussi pour ses thrillers aux scenarii plus subtils.

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Gangster : A love story : biopic inavoué d’un terroriste ?

L’histoire de Gangster se rapproche de celle d’Abu Salem, suspecté notamment dans les attentats à la bombe de Mumbai du 12 mars 1993 qui ont fait plus de 250 morts et de l’ex actrice de Bollywood, Monica Bedi. En cavale tous les deux pendant de nombreuses années, ils ont finalement été arrêtés en 2002 au Portugal et rendus aux autorités indiennes en 2005.

D’ailleurs la petite anecdote veut qu’Abu Salem, par l’intermédiaire de son avocat, ait tenté d’empêcher la diffusion du film, sous prétexte qu’il retrace sa vie.

Bhatt a démenti que son film ait été inspiré de lui de près ou de loin.

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Film de gangsters ou triangle amoureux ?

Le titre prétend à un scénario violent, ou peut-être, pourrait-on imaginer des rivalités inter-gangs ? Or est-ce de cela qu’il s’agit ?

Il est effectivement question d’un gangster redoutable mais « Gangster » garde comme fond et trame principale, une histoire d’amour. Une femme déchirée entre deux hommes, qui tous deux l’aiment inconditionnellement, mais le choix final lui reviendra. Mystère, mystère…

Question mystère, “Gangster” ne vous laissera surement pas en reste…

D’abord, parce qu’avec ce film, Manesh ose les chemins encore inexplorés du cinéma indien. Il creuse la vraisemblance des faits tout en brouillant les pistes.

Bien sûr, il y a eu des films dans ce style [Parinda, Satya, Vaastav…], mais « Gangster » est, assurément, l’un des films le mieux produit du genre.

La puissance de la plume associée aux performances d’interprétation indéniables permet à Gangster d’imposer son fort potentiel émotionnel à l’écran.

Le sujet complexe aurait pu capoter entre des mains inexpertes ou autres que celles de Bhatt, spécialiste du style « acéré ».

Anurag Basu (réalisation) a su apporter la vision d’un simple mortel, se trouvant être un gangster en cavale.

Le film commence par une fusillade étourdissante puis le mystère s’épaissit lorsque l’on passe en mode « flash-back ». Les pistes se brouillent, nous faisant basculer d’un film de gangster à une histoire d’amour complexe. Alors que vous pensez que l’héroïne a enfin trouvé le vrai amour, un élément majeur vient modifier le tempo de l’histoire.

L’intelligence de l’agencement des parties du scénario s’approche de la perfection et Anurag Basu méritait une distinction pour avoir creusé la psychologie des personnages avec autant de conviction que d’assise.

Le génie de Basu s’inscrit inexorablement dans son écriture. Les tours et détours de l’histoire montent le film vers des paliers émotionnels transitoires probants.

Sachant qu’en Inde c’est l’OST qui galope via les charts de Bollywood avant même la sortie du film, Bhatt n’a pris aucun risque en plaçant Pritam à la réalisation artistique.

Les chansons et leur placement dans le récit vous font l’apprécier définitivement.

«Tuhi Meri Shab Hai Hai Subah», «Bheegi Bheegi » et «Ya Ali», sont les morceaux phares du film.

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3 acteurs portant la force du scénario.

Mahesh et Mukesh (frère réalisateur aussi connu en Inde) ont toujours cru dans la puissance du contenu. Faire des films aux budgets limités et lancer de nouveaux talents restent la méthode porteuse des productions Bhatt.

« Gangster » s’appuie sur un scénario robuste, sur la beauté du site mais également sur la puissance du jeu de ses acteurs.

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Emraan Hashmi (neveu de M. Bhatt) fait une performance remarquée notamment lors de la séquence à l’ambassade indienne confirmant qu’il a saisi les rouages d’une interprétation subtile. Il s’agit de son œuvre la plus accomplie, à ce jour.

Ce dernier surnommé le “Serial Kisser” de l’industrie cinématographie du Nord de l’Inde pour ses provocations “libertines” dans une Inde qui interdit toujours les baisers amoureux* à l’écran, s’en donne ici encore, à cœur joie.

Kangana n’a pas seulement un joli minois, c’est une actrice de premier ordre. Il est rare pour une débutante d’obtenir un tel rôle pour un premier film au-delà de la complexité à interpréter Simran.

Celle qui depuis, s’est affirmée dans l’immense jungle Bollywoodienne, campe une écorchée, débarrassée de tout artifice esthétique. Sa qualité de jeu en fait une actrice à suivre de près…

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Shiny Ahuja est bluffant. Ce bellâtre a su faire évoluer son personnage autour des expressions [il n’a pas beaucoup de dialogues] et l’effet qu’il produit à l’écran ne peut pas être décrit avec de simples mots !

Il excelle, plus précisément dans trois séquences : quand il arrive à l’improviste dans la résidence de Kangana, lorsqu’il se dévoile à Simran, lui demandant de lui donner une seconde chance et lors de la scène de l’explosion.

Gulshan Grover est tout bonnement exceptionnel dans ce petit rôle aux dialogues « trempés dans l’acide ».

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Enfin, la ville de Séoul donne à cette réalisation un cachet indéniable et fait de « Gangster » un des plus beaux films indiens de l’année 2006.

Distribué chez Bollywood Zone, il est de ces chefs-d’œuvre artistiques qui vous font redécouvrir le cinéma indien.

*Bien que les règles liées à la censure indienne se soient assouplies, le public indien considère qu’un baiser peut encore choquer même si depuis 2001, un nouvel amendement autorise le bisou sur la bouche. On ne verra jamais une scène de nudité totale dans un film indien, la majorité du public, religieux ou peu alphabétisé, n’est pas prêt à voir ça.

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Géraldine