City hunter

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Quand on évoque le monde des dramas, on pense souvent à des romances somme toute banales et à un scénario très basique. Et si je vous dis qu’avec City Hunter, ce sera plutôt « action », « complot », « suspense », avec bien sûr une petite dose de comédie et d’amour, ça donne tout de suite envie, non ?

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City Hunter : les origines

Le personnage de City Hunter est à l’origine une création du mangaka Tsukasa Hojo. Il sévissait chaque semaine dans le magazine de prépublication Shonen Jump entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. En France, on connaît City Hunter sous le titre Nicky Larson (« Nicky Larson ne craint personne ! » Allez, ça vous dit bien quelque chose ?). À l’époque, Ryo Saeba/Nicky Larson est un agent à son propre compte dont le talent n’a d’égal que son manque de tact avec les jolies jeunes filles. Son métier ? Garde du corps, assassin, détective, il accepte toutes sortes de missions. D’abord associé à un ancien policier, il se retrouve flanqué de sa sœur à la mort de celui-ci. Une partenaire pas très commode, qui permettra à Hojo de développer nombre de situations cocasses. Bien sûr, ces personnages cachent de nombreux secrets, et l’intrigue est bien plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord. Grâce à ce mélange des genres, City Hunter est devenu un véritable classique. Quoi de plus naturel que de vouloir en faire un remake ? En version drama coréen et avec Lee Min Ho dans le rôle principal, ça donne tout de suite envie !

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City Hunter version 2011

Lee Yoon Sung, la version coréenne de Ryo Saeba, ne diffère pas de l’original que par son nom. Si l’idée de départ est la même, beaucoup d’éléments ont été modifiés pour coller au goût coréen et alimenter l’intrigue. Bien que le passé de City Hunter, que je vous laisse le plaisir de découvrir, soit révélé dès les premiers épisodes, cela n’empêche pas le scénariste de multiplier les rebondissements et les révélations.

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Dans cette version 2011, notre héros est un jeune homme fraîchement diplômé du MIT, un des instituts les plus côtés des États-Unis. Il est recruté par le gouvernement pour travailler dans le service communication auprès des agents les plus compétents du pays. Mais ce travail n’est qu’une couverture. La vraie mission de Lee Yoon Sung, c’est d’accomplir une vengeance et il a, à présent, tous les outils pour la mener à bien. Ses agissements, toujours dans l’ombre, auprès des plus importantes personnalités politiques du pays lui valent le surnom de City Hunter. Les médias ne parlent que de lui et il semble invincible. Les obstacles seront pourtant très nombreux et ne viendront pas toujours du camp ennemi…

Un super-héros… maladroit

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Employé du gouvernement le jour, agent spécial la nuit, Lee Yoon Sung est un super-héros des temps modernes. Depuis ses premiers agissements, le pays entier est en alerte et suit les interventions du City Hunter, mais personne, même pas les enquêteurs zélés, ne serait capable de dire qui il est. Est-il plutôt un Batman ou un Superman ? De Batman, il a la richesse, les gadgets high-tech et la discrétion. De Superman, il a hérité… de la vie banale de Clark Kent. Car City Hunter a beau faire des exploits la nuit et combattre les plus vils hommes de pouvoir, une fois le jour venu, ses talents ne l’aident absolument pas à acquérir une vie sociale. Arrogant et solitaire, il n’est intéressé par personne, si ce n’est les jolies filles, qu’il jette comme de vieilles chaussettes lorsqu’il les juge trop bêtes pour lui. À la ville, il paraît égoïste et bien trop sûr de lui. Certes, il est beau, très beau, très classe, mais croyez-le, cela ne pèse pas bien lourd dans la balance, vu le caractère de cochon qu’il possède. Voilà le gros défaut de notre City Hunter : inapte social, il ne comprend rien à la gent féminine et croit que son argent ou son physique peut toujours suffire à ensorceler les damoiselles. Et si certaines personnes à la patience d’ange arrivent à supporter son sale caractère, ce n’est pas le cas de notre héroïne… Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé ! Mais avoir grandi dans un camp d’entraînement, ça ne vous apprend pas à séduire… Maladresses et situations cocasses en perspective !

Une héroïne en acier trempé

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Kim Na Na, ah, Kim Na Na… voilà une héroïne telle qu’on aime en voir. Incarnée par la délicieuse Park Min Young, que l’on a vue notamment dans « Sungyunkwan Scandal », elle incarne la fraîcheur même. Blessée par la vie, orpheline et criblée de dettes, Na Na possède pourtant un optimisme à toute épreuve. Elle est le personnage fait pour inspirer les spectateurs : travailleuse mais rieuse, pleine de compassion mais solide quand il le faut, dure au travail et mignonne à la ville, elle est tout simplement parfaite. Quoiqu’un peu trop naïve, peut-être. Penchons-nous un peu plus sur l’histoire de Na Na. Née dans une famille aimante, Na Na voit sa vie complètement bouleversée lorsque ses deux parents sont victimes d’un accident de voiture. Avec une mère morte et un père dans le coma, elle peine à joindre les deux bouts, et jongle entre plusieurs petits boulots pour avoir une chance de garder la maison dans laquelle elle a grandi, et qui contient tous les souvenirs de sa vie paisible d’avant. Elle pense être sauvée lorsqu’elle obtient un travail en tant que garde du corps (car ce petit bout de femme est tout de même 4e dan de judo) au service de la Maison Bleue, la résidence du président coréen. Bien que ce nouveau gagne-pain lui apporte une grande satisfaction, protéger les personnalités les plus exposées du pays n’est pas de tout repos ! Surtout lorsque ces hommes politiques se révèlent être la cible du City Hunter…

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Une intrigue multidimensionnelle

City Hunter est comparable à un plat de lasagnes ou un bon mille-feuilles : la série possède plusieurs couches, toutes plus savoureuses les unes que les autres. Je vous ai perdu ? Voyez plutôt : complots militaires, drame familial, rivalités amoureuses, magouilles politiques, trahison, action, romance, comédie, triangle/carré/hexagone amoureux… City Hunter contient tout cela, et mélange intelligemment les couches sans alourdir l’avancement de l’intrigue. Car tout comme chaque être humain nécessite plus d’un adjectif pour se décrire, un héros ne se résume pas seulement à ses exploits. City Hunter nous présente un héros complexe, dont chaque petite expérience, aussi anodine soit-elle, a un effet sur les autres aires de sa vie. Un petit échec amoureux peut alors mettre en péril sa mission, ou une mission peut menacer de faire s’écrouler la fragile identité qu’il s’est construit. Au départ homme sans visage et machine à tuer, Yoon Sung se retrouvera face à d’immenses dilemmes qui mettront en péril ses deux vies et les gens qui l’entourent. Et c’est le souffle court que le spectateur impuissant prend la mesure de l’importance de chacun des gestes du City Hunter.

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Autre aspect du mille-feuilles, le mélange entre romance et action est savamment dosé. On se passionne autant pour l’interaction Lee Yoon Sung/Kim Na Na que pour les missions du City Hunter. Le personnage de Na Na permet d’introduire un peu de légèreté dans le drama, et d’ancrer le héros dans la vie réelle. Un bon compromis pour les amoureux des comédies romantiques et les fans d’action.

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C’est assez rare pour être souligné : on y croit, à cette histoire tarabiscotée ! Miracle du scénario, City Hunter possède peu d’incohérences, et chaque individu, même insignifiant, a une dimension humaine. Pas de personnage artificiel : chaque protagoniste a droit à son histoire, rendant l’ensemble solide et crédible. Au fil des épisodes, le spectateur collecte les pièces du puzzle et prend plaisir à le reconstituer. City Hunter mélange savamment tous les éléments qui étaient sûrs de lui faire rencontrer l’adhésion de son public, sans tomber dans la surenchère. Les spectateurs coréens ne s’y sont pas trompés et ont hissé City Hunter aux premières places de l’audimat. C’est le drama idéal pour faire revenir à la fiction coréenne tous ceux qui s’en étaient lassés !

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