Bruce Lee My Brother

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Les fans de Bruce Lee vont apprécier… ou détester !


Pour l’anniversaire de ce qui aurait marqué ses soixante-dix ans, le biopic « Bruce Lee My Brother » présente le premier acte (sorti depuis le 27 novembre 2010) d’une trilogie sur la vie de celui qui fut le père du
Jeet kune do (art martial inventé vers 1967).

Les réalisateurs Raymond Yip et Manfred Wong se sont communément investis par une approche détaillée de son univers familial et personnel et ont élaboré un véritable travail de dentelière pour une œuvre originale basée sur le parcours authentique du Petit Dragon.

Pour la petite anecdote, la famille Lee aurait prêté des photos à la production (que l’on retrouve au générique de fin) afin de restituer la plus fidèle des images. Ceci probablement dans l’objectif de « remettre les pendules à l’heure » sur ce que fut la « vraie » vie (il est vrai, souvent relatée de façon édulcorée ou onirique) du jeune Lee Jun Fan, plus communément appelé Bruce Lee entre ses 10 et 18 ans.

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Le film, inspiré du roman éponyme LI XIAO LONG écrit par le propre frère cadet de Bruce Lee, Robert Lee qui a d’ailleurs été  invité à superviser ce long-métrage, dresse un portrait très sentimental sur l’enfance et la jeunesse de l’acteur.

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Il est vrai que Bruce Lee, tant par la brutalité de sa disparition que par l’ampleur de
son œuvre (n’oublions pas qu’il était à la fois, artiste martial, acteur, réalisateur, producteur et scénariste !) a rejoint le statut de légende à l’âge de 32 ans en mourant prématurément. Il n’a donc pu voir sa propre histoire ternie par des zones d’ombres (et de lumières) non justifiées dans des productions cinématographiques, n’excédant souvent pas, disons-le, la série B.

Aujourd’hui, le mal semble réparé grâce à cette jolie dédicace en hommage à celui qui ouvra la voie à nombre de nos acteurs contemporains (Jackie Chan, Jet Li, Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme) et qui est encore considéré comme le plus grand maître d’arts martiaux dans le cinéma mondial du XXe siècle.

Le film est doublé en cantonais et les chorégraphies et scènes de combats sont savamment orchestrées par Chin Kar Lok (doublure de Jackie Chan notamment) qui est également acteur dans « Bruce Lee My Brother ».

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Une belle palette d’intervenants à l’affiche, Tony Leung Kar-Fai (Lee Hoi-Chuen, le père de Bruce), Karen Mok (Grace Ho, la mère de Bruce) et le rappeur Jin (Seew Kay Lun, ami de Bruce) apporte une vraisemblance de jeu fixant l’assise d’un scénario ordonné.

« Bruce Lee My Brother » relate un début de vie hors du commun et une œuvre très personnelle jouée avec brio par l’acteur Aarif Rahman Lee (aucun lien de parenté avec notre Lee) qui porte la crédibilité juvénile de son personnage jusqu’à son départ précipité pour San Francisco.

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Cette œuvre ouvre une brèche sur ce qui, dans le futur, plaira tant à Bruce Lee, mais ne peut absolument pas se targuer de traiter et d’aborder les arts martiaux tels que ce dernier les présentera tout au long de sa vie.

Les fans devront apprendre qui était l’homme avant de retrouver l’artiste qu’ils ont toujours connu et c’est ce parcours inédit que propose et offre le long métrage de Raymond Yip et de Manfred Wong au travers de ce premier opus.

De son premier amour à ses fidèles amitiés, en passant par les contraintes de la domination japonaise, de son don pour le cha-cha-cha jusqu’à son premier combat officiel, la boucle semble bouclée et pourtant, à la dernière scène du film, comme un gâteau dont on ne vous laisserait pas terminer la dernière bouchée, on ne ressent qu’une folle envie : celle de découvrir le prochain volet (toujours pas annoncé) de cette trilogie, témoignage d’une destinée peu commune.
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La scène avec celui qui restera son grand maître, Yip Man, insuffle, dans un moment phare de « Bruce Lee My Brother », une vague émotionnelle intense, pourtant brève, confirmant que les rencontres façonnent parfois, grandement, les destins…

Une bonne partie du long-métrage est tournée dans une pénombre globale, ce qui ne nuit nullement à l’appréciation des plans tantôt en noir et blanc pour les scènes de jeu, tantôt en Technicolor. Tous se veulent fidèles à recréer l’ambiance de l’époque des sixties.

Le dosage pondéré et transitionnel des plans permet d’osciller allègrement entre mélodrame et romance durant les deux heures du film permettant d’éviter que le temps ne s’étire comme c’est trop souvent le cas pour de nombreux biopics.

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En accédant à cette période méconnue du grand public, un regard nouveau se porte sur celui qui incarna Kato (dans le « Frelon Vert » de 1966) et qui bénéficie, encore de nos jours, du statut de surhomme par sa philosophie de vie étroitement liée à sa philosophie de combat.
« Bruce Lee My Brother » s’invite après des années de silence, comme une révélation et un moment de sérénité qui semblent avoir fait défaut à l’image de l’intéressé de son vivant.


Disons-le franchement, l’intérêt d’une telle production est de voir, enfin, la face cachée du célèbre Bruce Lee. Car après tout, que connaissions-nous de l’homme hormis les brefs témoignages provenant principalement de son entourage professionnel, de lui-même ou de ses quelques élèves ?

Sa famille, qui des années durant, s’est accordée à protéger les proches de la star, n’a hélas pu faire oublier ce mystère qui plane encore autour des causes de sa mort et qui contribue à entretenir le mythe depuis, maintenant, plus de 40 ans !

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Maintes productions ont abordé sa vie avec parcimonie et donnaient le sentiment de n’avoir que peu d’éléments propres à pouvoir prétendre relater succinctement son parcours.

Aujourd’hui c’est fait, « Bruce Lee My Brother » est un véritable hommage comme on les aime : cadeau à ceux qui, comme moi, voyaient en Bruce Lee, celui qui aurait pu toucher les étoiles de son vivant.

Le film est disponible actuellement en DVD/Blu-ray (Region A) chez Media Asia Distributions.

Géraldine