Brain

Non contente d’être à l’origine d’excellentes épopées historiques et autres comédies romantiques, la TV coréenne produit aussi les scénarios dramatiques les plus prenants et haletants qui soient. Preuve en est avec Brain, une plongée au cœur du département de neurochirurgie d’un grand hôpital qui fera travailler votre matière grise et vous retournera le cerveau.

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Les séries médicales : une formule qui s’exporte

Alors que les séries médicales made in USA connaissent un énorme succès en Occident (qui n’a jamais entendu parler d’ « Urgences », de « Dr House » ou de « Grey’s Anatomy » ?), et que le Japon est de plus en plus friand de séries cérébrales ou scientifiques (« Liar Game » et « Mr Brain » en tête), ce n’était qu’une question de temps avant que la Corée entre dans la danse. « Brain » effectue un plongeon dans le quotidien d’une unité de neurochirurgie d’un grand hôpital universitaire, où vont se côtoyer médecins ambitieux, internes prometteurs et chefs manipulateurs, sur fond de rivalité, de complots, sans oublier un obligatoire soupçon de romance.

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Docteur Oignon : leçon d’anti-héroïsme

Après avoir visionné quelques épisodes de « Brain », une question devrait laisser tous les spectateurs perplexes : les scénaristes ont-ils fait exprès de créer un personnage principal aussi abject ? En effet, impossible de ne pas détester le Dr Lee Gang Hun. Décrocher un sourire lui semble tellement difficile qu’on le soupçonne d’être né sans muscle dans les joues. Cet homme, que l’on découvre insensible et égocentrique, exécrable avec les internes qu’il a sous sa responsabilité, méprisant à l’égard de ses collègues, hypocrite avec ses supérieurs, négligeant envers sa famille et complètement indifférent au bien-être de ses patients une fois sortis du bloc, n’a pour plaire que l’ambition qui le dévore et la passion qu’il entretient pour son domaine de spécialité : la neurochirurgie. Il y est aussi doué qu’il est désagréable, et ne possède qu’un seul but : devenir le meilleur neurochirurgien de l’hôpital, puis du pays, puis du monde. Il a fait de sa réussite une affaire personnelle, et veut y parvenir à tout prix, même si cela signifie mettre la réputation de son hôpital en danger. Impuissants derrière nos écrans, nous n’avons d’autre choix que de subir son sale caractère. Pourtant, on remarque très vite que si Lee Gang Hun s’accroche tant à son métier, c’est qu’au fond, il n’a rien d’autre. Le docteur qu’on a découvert détestable se révèle alors plutôt fragile, presque à plaindre. Couche par couche, comme on épluche un oignon, les épisodes finissent par révéler la profondeur et la complexité qui se cachent en Lee Gang Hun. Lorsque l’on comprend également qu’il a traversé des épreuves qui justifient son sale caractère, alors notre attitude hostile se transforme en anxiété pathogène : le Dr Lee Gang Hun va-t-il réussir à se débarrasser de ses vieux démons et à faire fondre son cœur de glace ? Comprendra-t-il enfin que la perfection ne fait pas le bonheur ? De l’aversion à l’admiration, il n’y a parfois qu’un pas, qui est ici franchi bien plus facilement qu’on ne l’aurait cru. Apprêtez-vous à vibrer pour Lee Gang Hun au lieu de pester contre lui, à retenir votre souffle au cours des opérations et à trembler de frustration avec lui, comme hypnotisés par son charme magnétique.

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Une équipe de choc

Il ne faut pas moins d’un miracle pour trouver une équipe médicale qui puisse supporter les humeurs de Lee Gang Hun. De ce côté, « Brain » est bien doté : pour contrebalancer le fort caractère du Dr Terreur, il fallait bien imaginer une galerie de personnages secondaires forts. Bien que l’intrigue se concentre sur les tribulations du Dr Lee, « Brain » est un drama choral, où d’autres personnages lui volent volontiers la vedette pour quelques minutes, et permettent de donner du souffle au récit, procurant des respirations à l’intrigue principale. C’est avec plaisir que l’on suit les recherches du professeur Gim Sang Cheol, l’évolution de la prometteuse Yun Ji Hye, les doutes du Dr Seok, l’ennemi juré du Dr Lee, les magouilles du directeur Go Jae Hak, les tracas de l’infirmière Hong, de la capricieuse Jang Yu Jin ou de toute la flopée de médecins et d’internes. Évoluant tous dans le même milieu, ils s’entremêlent et s’influencent, se déchirent et se rapprochent pour notre plus grand plaisir. Le duo Lee Gang Hun et Yun Ji Hye s’est d’ailleurs vu récompensé du KBS Award du meilleur couple.

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Simple n’est pas coréen

Il faudrait bien plus de deux pages pour développer l’intrigue complète de Brain. Une encyclopédie en dix volumes ne serait peut-être même pas suffisante pour décrire le lot de complots machiavéliques, de malentendus révoltants, d’imprévus et de mystères qui secouent l’hôpital Chunha durant les 20 épisodes que compte la série. « Brain » fait fonctionner nos neurones à plein régime ; les rebondissements prévisibles et les grosses ficelles sont rares. Petit à petit, le scénario s’étoffe sans jamais perdre le spectateur, révélant au passage les dilemmes auxquels les médecins font face au quotidien. En effet, comment vivre normalement lorsque la moindre erreur peut faire perdre des vies ? Les intrigues lourdes se mêlent aux amourettes légères ; les premières horrifient comme les secondes enchantent, et toutes nous tiennent en haleine jusqu’au dernier épisode. Pour une fois, la romance ne prend jamais le pas sur le reste, même si là encore, rien ne sera simple. Les ambiguïtés persistantes et autres triangles amoureux seront déjà trop présents pour certains, et pas assez pour d’autres ; à vous de juger !

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Shin Ha Kyun : une performance surprenante

Shin Ha Kyun, qui interprète Lee Gang Hun, porte véritablement le drama sur ses épaules. Il nous gratifie d’une performance particulièrement remarquable et remarquée, puisque récompensée du Grand Prix lors des KBS Drama Awards et du Daesang Award du meilleur acteur. On n’en attendait pas moins de l’acteur qui a magistralement interprété le personnage principal du saisissant « Sympathy for Mr. Vengeance », le premier volet de la célèbre trilogie cinématographique du non moins fameux Park Chan Wook. Vous serez assurément bluffé par son jeu puissant et intense, sa capacité à véhiculer les émotions de son personnage et la richesse de ses expressions faciales. Tantôt touchant, tantôt troublant, tantôt glaçant, tantôt véritablement effrayant, le succès du drama repose évidemment sur la performance incroyable de cet acteur que l’on redécouvre, et que l’on verra probablement très bientôt dans un nouveau rôle qu’on espère à la hauteur de son talent.

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La Corée : déjà conquise

« Brain », diffusé sur KBS2 entre novembre et janvier 2011, a atteint des records d’audience en Corée. Jugez plutôt : la moitié des épisodes s’est logée dans le top 5 des audiences nationales, et quelques épisodes ont même dépassé la barre des 20% à Séoul, chose rarement vue pour un drama. À titre de comparaison, on peut considérer qu’une série est populaire lorsqu’elle atteint 15% de parts d’audience… Restons scientifiques jusqu’au bout : les chiffres ne mentent pas ! Dans « Brain », les malentendus vous feront fulminer, les injustices vous feront hurler de rage, et les moments tragiques comme heureux vous feront assurément verser quelques larmes, de concert avec les personnages. « Brain » est d’hors et déjà disponible sur Drama Passion. Alors, qu’attendez-vous pour faire votre propre diagnostic ?

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Avertissement : Brain contient de nombreuses scènes d’opérations qui pourraient ne pas convenir à un public jeune ou sensible. À noter également, le placement produit répété de téléphones portables d’une célèbre marque coréenne risque de vous donner des envies soudaines. Asian Wave décline toute responsabilité en cas d’achat compulsif.

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