B.A.P

Besoin d’un guide pour naviguer à travers la déferlante de nouveaux groupes coréens que ces derniers mois ont apportés ? Premier arrêt : B.A.P. Classés parmi les nouveaux aux débuts les plus détonants de 2012, B.A.P a certainement laissé sa marque sur la scène K-Pop. Retour sur une année prolifique pour ces bad boys au grand cœur.

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B.A.P : Blonds, Authentiques et Puissants

B.A.P : Best, Absolute, Perfect. C’est par cet acronyme que se désignent Yongguk, Jongup, Daehyun, Himchan, Yongjae et Zelo. Six membres, et un nom qui promet. S’autoproclamer les meilleurs quand on n’est qu’un groupe de débutants, n’est-ce pas un peu présomptueux, et donc dangereux pour leur carrière naissante ? Si les sceptiques ont pu critiquer ce nom avant les débuts du groupe, la sortie tant attendue de Warrior, le premier single de B.A.P, a cloué tous les becs. De mémoire de Sica, jamais un groupe débutant n’avait lancé sa carrière sur un pareil coup d’éclat. Sorti fin janvier 2012, Warrior s’est imposé comme un des meilleurs débuts de cette année. La chanson et son MV ont réussi à établir le concept de B.A.P avec brio : du gros son, bien lourd, puissant, de la testostérone et du talent. Il faut savoir que ces dernières années, tous les nouveaux groupes de K-Pop débutent en suivant un certain concept, un thème visuel, une image qui devra être récurrente et cultivée dans leurs chansons et leurs apparitions. C’est à ce prix que les maisons de disques parviennent à donner à leurs groupes l’originalité nécessaire pour qu’ils se démarquent sur un marché de plus en plus saturé. Avec B.A.P, TS Entertainment a réalisé un coup de maître : les six têtes blondes guerrières ont marqué les esprits.

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Un concept unique

Le concept de B.A.P est construit autour d’un univers résolument « street ». Au niveau visuel, cela se traduit par des tenues empruntées à l’univers hip-hop. Et quand ils enfilent des blousons à clous très rock, les baskets ne restent quand même jamais très loin. L’habit ne faisant pas le moine, le groupe affirme sa « street cred » en produisant des chorégraphies inspirées du hip-hop, du breakdance, et des danses de rue telles que le krump ou le stomping. Un univers très adulte qui contraste parfois délicieusement avec les bouilles et les visages angéliques des membres.

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Le visuel ne serait qu’inutile s’il n’agrémentait pas un son correspondant. Et le son est au rendez-vous : les samples et ajouts instrumentaux sont empruntés au hip-hop et au rap des années 90, avec quelques détours dans l’univers du rock. Par exemple, Power, sorti en avril 2012, est un mélange de rock et de hip-hop qui rappelle le style du groupe Linkin Park, célèbre pour avoir réussi à mélanger les deux genres. Mais la touche B.A.P, c’est avant tout le timbre rauque de son leader, Yongguk, une voix que vous n’oublierez pas de sitôt. Avec l’ajout du flow survitaminé du jeune Zelo, les séquences de rap sont d’une rare qualité pour un groupe de K-Pop. Les chansons de B.A.P se construisent autour de celles-ci, tandis que les ponts et refrains, souvent chantés par Daehyun et Yongjae, font rebasculer les titres dans la K-Pop. La mascotte du groupe, Matoki, un lapin DJ qui n’est pas sans rappeler le masque du DJ canadien DeadMau5, finit d’asseoir l’identité de B.A.P.

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Un revirement de style

Malgré leur concept extrêmement bien rodé et la surprise et l’intérêt qui a accompagné leurs débuts, B.A.P reste un groupe de K-Pop dont le but principal est de conserver une place dans les charts et d’entretenir l’intérêt du public. Dans la lignée du concept de Warrior, les sorties successives de Power et No Mercy montrent B.A.P comme on les avait déjà vus : en bad boys guerriers et impitoyables, avec les mêmes coups de sifflets caractéristiques, la même ligne de basse profonde, les mêmes regards acérés et autres chorégraphies bodybuildées. La continuité, une certaine façon de répondre aux attentes des fans. Cependant, tout comme Super Junior, B.A.P semblait être sur le point de tomber dans la monotonie, et ce, paradoxalement, malgré la qualité de leurs chansons. Il fallait bien l’avouer : le groupe commençait à souffrir de l’effet « bonnet blanc et blanc bonnet ». TS Entertainment l’a probablement compris à temps, puisqu’elle a choisi, avant de révéler No Mercy au public, d’intercaler Goodbye une chanson aux accents pop-rock, aux antipodes des singles précédents, et, il faut l’avouer, beaucoup moins mémorable. Après leur retour aux sources avec No Mercy, B.A.P a fini par prendre un tournant durable. Crash, sorti fin août 2012, nous plonge dans une ambiance estivale très légère et très adolescente, loin des giclées de testostérone des débuts. Le MV, montrant les membres du groupe visitant un parc d’attraction façon film de vacances, permet au public de les voir sous un autre jour, de casser un peu leur image et de les rendre plus attachants. Une tentative répétée avec le dernier single, Stop It, un titre cette fois-ci très K-Pop. On perd la puissance, on trouve un peu d’autodérision et plus de candeur : un courant d’air frais pour les membres et pour les fans, qui auront le temps de tomber amoureux du côté adorable du groupe, certes, mais pas sans une perte en originalité qui nous laisse frustrés.

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B.A.P : partis pour durer ?

Le changement de cap de B.A.P en a dérouté plus d’un, et ne laisse rien entrevoir des futures activités du groupe. Si, d’un côté, il a démarré fort et a pratiquement squatté les ondes en sortant des singles à la cadence folle d’un nouveau titre tous les deux ou trois mois sans jamais interrompre leurs activités promotionnelles, ce rythme a empêché B.A.P de mûrir, et de réfléchir à la direction que le groupe souhaite vraiment prendre. TS Entertainment a probablement pris le temps qu’il fallait pour trouver ces talents et les entraîner avant leur grand début, mais cette longueur d’avance commence à s’essouffler. Le nouveau concept de B.A.P en est la preuve : le virage à 180° effectué semble être une tentative de montrer que le groupe est capable de diversité. Pourtant, tellement de potentiel ne saurait être gâché, et TS Entertainment devrait mettre de côté sa peur de laisser sombrer B.A.P dans l’oubli et prendre le temps de préparer un retour détonnant, à l’image de ce qu’a accompli YGE avec Big Bang. B.A.P rassemble suffisamment de talents pour réussir à se creuser une nouvelle niche, un cran au-dessus de ce que la K-Pop produit habituellement, et devenir un groupe de hip-hop/RnB à part entière. Quand on sait qu’ils n’ont pas encore sorti de véritable album, et qu’ils sont à peine sur le point de fêter leur premier anniversaire, tous les espoirs sont permis. En attendant la sortie de leur premier album, profitons de Never Give Up, l’excellent titre de Yongguk et Zelo qui ne pourra que vous mettre de bonne humeur, et de Ta-Dah ! It’s B.A.P, l’émission aux airs de making-of qui suffit à montrer que B.A.P ne se résume pas qu’à de vilains bad boys. C’est peut-être là le secret qui permettra d’assurer la longévité de B.A.P : réussir à jongler avec ces deux images contradictoires. Leurs débuts nous ont impressionnés. Espérons que TS saura faire bon usage de leur talent débordant et leur fera tenir la route. Ils le méritent !

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Sica