Ace Attorney: Phoenix Wright « Gyakuten Saiban »

Synopsis:

Ace Attorney est un film qui se déroule dans un futur proche où pour empêcher la hausse de la criminalité, le gouvernement a introduit un nouveau système judiciaire qui se passe de jury. La défense et le procureur ont alors trois jours pour rendre leur verdict après une confrontation en séance publique. Le jeune avocat Phoenix Wright est ainsi « jeté dans l’arène » afin de prouver l’innocence de Maya Fey, une médium accusée d’avoir assassiné sa sœur, une talentueuse avocate également patronne de Phoenix. Sa mission réussie, il est ensuite amené à défendre le procureur Miles Edgeworth, un ami d’enfance, qui se retrouve derrière le banc des accusés pour suspicion de meurtre. Face à lui, le légendaire procureur Von Karma qui n’a jamais perdu un procès en 40 ans.

A Phoenix Wright de dénouer l’intrigue.

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Que le prévenu s’avance !

Créé en 2001, le jeu est développé sur les plateformes DS, PC et Wii et, fort de plus de 4 millions de copies vendues à travers le globe, il s’évade du monde de la console pour s’inviter dans le domaine du comicbook et même de la musique via l’Orchestre symphonique philarmonique de Tokyo. Après s’être infiltré dans la peau de l’avocat inexpérimenté Phoenix Wright, le gamer enquête sur les lieux du crime puis œuvre durant le procès durant lequel il doit, à l’aide des preuves collectées durant la première phase, confondre les faux témoignages de la partie adverse, sous le regard impitoyable du juge, seul capable de faire vaciller la jauge de crédibilité. Phoenix Wright : Ace Attorney se présente comme un point and click classique et donc autant dire pas le jeu le plus rythmé du monde. Faire un film autour de cette série de jeu était donc aussi casse gueule que de mettre en image Lemmings : the movie ! Mais tout cela était sans compter sur la présence derrière la caméra de ce génie fou qu’est Takashi Miike, lequel, à peine sorti du film de sabre traditionnel (13 assassins), s’est attaqué à la mise en scène de cette adaptation.

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Je plaide coupable !

S’il possède une filmographie très inégale (on y trouve, côte à côte, des chefs d’œuvres et des nanars honteux), Takashi Miike n’en demeure pas moins un cinéaste intéressant, parfois capable de transcender une idée de base affreusement commune en long-métrage absolument génial (à l’instar d’Audition par exemple) ; restait simplement à savoir s’il ne s’agissait pas juste d’un film de commande pour lui (comme le pénible La mort en ligne qui surfait sur la mode du yurei eiga). Et au final, sans livrer un résultat en tout point parfait, Miike fait de Phoenix Wright : Ace Attorney non seulement une adaptation de jeu vidéo réussie, mais également un long-métrage remarquable sur de nombreux points, et ce indépendamment de toute comparaison avec le matériau d’origine. Ainsi, que vous ayez joué ou non au jeu vidéo, vous pourrez apprécier cet Ace Attorney pour ce qu’il est, à savoir un film particulièrement fun.

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Témoin à la barre :

En conservant l’esprit du jeu vidéo, Miike a fait de Ace Attorney un vrai manga tourné en live. Formellement parlant, le film s’avère en effet être d’une extrême fidélité vis à vis du jeu vidéo : on va y retrouver la gestuelle typique du jeu vidéo – aussi bien dans les positions des divers protagonistes (« Objection ! ») que dans les expressions du comédien principal (Narimiya Hiroki, parfait dans le rôle) – mais également toutes ses caractéristiques visuelles (décors, costumes, coupes de cheveux), ce qui tend à donner au film une identité cinématographique bien particulière. Loin des adaptations fadasses ou sans autre rapport que le nom avec le matériau original, Ace Attorney fait donc le pari réussi de la fidélité, ce qui tend donc à lui conférer un aspect ludique plutôt réjouissant. Rien n’est donc pris au sérieux dans le long-métrage, qui se garde bien d’opter pour un quelconque traitement premier degré.

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Silence dans la salle !

Cette folie qui caractérise le travail de Takashi Miike se retrouve également dans ses partis pris de réalisation, parfaits pour transposer les codes de Phoenix Wright en langage cinématographique. En s’amusant à mettre en scène les joutes verbales des avocats comme des combats animés, Miike donne à son film un rythme soutenu lequel, entre phases d’enquête (assez mineures dans le scénario, a contrario du jeu vidéo) et plaidoiries (pendant lesquelles il se sera fait plaisir) ne donne au spectateur jamais le temps de s’ennuyer. Et comme si cela ne suffisait pas, il parvient même à y ajouter sa touche personnelle sans que cela dénote avec le ton du film. Le plaisir est donc bel et bien présent de voir cette adaptation prendre vie sur grand écran, conservant l’esprit de l’œuvre d’origine tout en possédant indéniablement la patte de son réalisateur.

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Toutefois, en dépit de ses nombreuses qualités, Ace Attorney souffre de sérieuses chutes de rythme. En décidant d’étaler un matériau finalement peu consistant sur plus de deux heures de films, Miike peine à maintenir intact l’intérêt du spectateur. Le scénario, adapté des premières enquêtes de Phoenix Wright : Ace Attorney, s’avère répétitif, et la dernière partie du film ne fait finalement que reprendre nombre d’artifices déjà vu auparavant sans vraiment proposer quoique ce soit de réellement nouveau. Avec une bonne demi-heure en moins, le long-métrage aurait pu attendre d’autres sommets ; tel quel, il n’en demeure pas moins être un spectacle divertissant, et la preuve qu’une adaptation de jeu vidéo peut être réussie.

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Le verdict :

A la base, adapter au cinéma la franchise vidéo ludique Phoenix Wright semblait être une mauvaise idée. En effet, malgré ses nombreuses qualités, le jeu n’en reste pas moins un point and click statique dont le potentiel cinématographique semblait proche de zéro. Pourtant, le résultat final va au-delà des espérances et pose Ace Attorney comme l’une des meilleures adaptations vidéo ludiques que l’on ait pu voir au cinéma.

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Don Bonaventura